Dynamics 365 Customer Insights
Cet article a été publié à l’origine sur LinkedIn et a été rédigé par Berny Düring, Microsoft MVP et Partner Technology Strategist chez Companial. Nous le partageons ici car il répond de manière claire et concrète à une question fréquemment posée.
Depuis des décennies, le mode de licence des logiciels ERP est relativement simple : les collaborateurs se connectent au système, effectuent des transactions et utilisent pour cela une licence. Cependant, avec l’essor des assistants IA et des agents IA, ce modèle est aujourd’hui remis en question.
De plus en plus souvent, l’interaction ne se fait plus directement entre l’utilisateur et l’ERP, mais via l’intelligence artificielle :
Cela soulève une question intéressante :
Qui utilise réellement le système ERP : le collaborateur, l’agent IA ou les deux ?
Traditionnellement, les utilisateurs travaillent dans une solution ERP telle que Microsoft Dynamics 365 Business Central à travers des écrans, des menus et des formulaires. À l’avenir, cette façon de travailler pourrait être totalement différente.
Imaginons qu’un collaborateur dise simplement :
« Commande 50 unités de l’article X auprès de notre fournisseur habituel. »
L’IA comprend la demande, vérifie les informations nécessaires et crée automatiquement la commande dans le système ERP.
L’utilisateur n’a même plus besoin d’ouvrir l’ERP.
L’ERP reste la source centrale de données de l’entreprise, mais l’IA devient la nouvelle interface utilisateur.
Cette évolution rappelle une discussion présente depuis longtemps dans le monde de l’ERP : le multiplexage.
Dans un scénario de multiplexage, de nombreux utilisateurs travaillent via une application intermédiaire, tandis qu’un nombre limité de connexions seulement communique directement avec l’ERP. Les éditeurs de logiciels ERP ont souvent considéré cela comme une manière de contourner les coûts de licence.
Aujourd’hui, une situation comparable apparaît :
La grande différence ?
Avec l’IA, l’objectif n’est pas d’éviter les licences. Il s’agit simplement de l’architecture la plus logique pour les processus métier modernes.
Microsoft investit massivement dans Copilot et les agents IA. L’intelligence artificielle devient progressivement la couche centrale par laquelle les utilisateurs interagissent avec leurs applications métier.
Par exemple :
Dans ces scénarios, l’IA agit pour le compte des collaborateurs.
Cela crée un nouveau défi pour les éditeurs de logiciels :
Comment licencier un logiciel lorsque l’IA réalise la majorité des interactions avec le système ?
L’approche traditionnelle du type « un utilisateur = une licence » sera peut-être moins adaptée à un monde où l’IA exécute une grande partie du travail.
Parmi les alternatives envisageables :
L’entreprise paie en fonction du nombre d’agents IA actifs travaillant pour les utilisateurs.
Les coûts sont calculés en fonction du nombre de transactions, d’actions réalisées ou de requêtes IA.
Les licences sont liées à la valeur métier générée ou au niveau d’automatisation des processus.
Une combinaison de licences utilisateurs, licences IA et licences basées sur la consommation.
Pour l’instant, il est encore trop tôt pour savoir quelle direction le marché prendra.
Au final, cette réflexion concerne moins la technologie que la notion même d’identité numérique.
Lorsqu’un collaborateur pose une question à Copilot et que Copilot récupère les informations dans Business Central :
Ce sont des questions auxquelles les éditeurs de logiciels devront répondre dans les années à venir.
L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement notre façon d’utiliser les systèmes ERP ; elle change également notre manière de les concevoir.
Alors que les éditeurs ont passé des années à lutter contre le multiplexage, nous nous dirigeons aujourd’hui vers un modèle dans lequel les agents IA pourraient devenir la plus grande couche intermédiaire jamais créée entre les collaborateurs et les systèmes ERP.
La question évolue donc :
« Combien d’utilisateurs avez-vous ? »
vers :
« Qu’entend-on réellement aujourd’hui par utilisateur ? »
Pour les organisations qui utilisent Microsoft Dynamics 365 Business Central et d’autres solutions ERP modernes, il s’agit d’une évolution importante à suivre. Non seulement en raison des avancées technologiques, mais aussi de leur impact potentiel sur les licences, les coûts et la manière dont les collaborateurs travailleront avec les logiciels d’entreprise à l’avenir.


